Pour ces étudiants en droit, le piratage n’a rien d’illégal

Le piratage est devenu une pratique si fréquente dans le monde qu’il paraît être admis et normal. Aussi des étudiants en droit de la prestigieuse Université Harvard vont-ils jusqu’à déclarer que le piratage n’a rien d’illégal.

 

Le piratage est devenu un phénomène de masse, particulièrement le piratage de films et de séries. En effet, les internautes s’y adonnent de plus en plus et cela s’explique notamment par l’accès aux alternatives légales limité par des coûts d’accès souvent démesurés. Cela dit, l’arrivée des plateformes de streaming payantes comme Netflix, Amazon Prime Vidéo et consorts, ont alimenté l’expansion du phénomène. L’augmentation incessante du prix des abonnements à ces plateformes favorisent le recours au piratage, pourtant puni par la loi.

Le piratage n’a rien d’illégal ?

Les chercheurs Dariusz Jemielniak et Malgorzata Ciesielska ont enquêté sur la pratique du piratage au sein du département de sciences juridiques de l’Université Harvard. L’étude a été menée auprès des étudiants en droit les plus performants de l’université. Ces derniers ont déclaré que le piratage n’a rien d’illégal. 

En effet, pour eux, ce n’est ni un délit ni un vol. D’ailleurs, infiltrés près d’une cinquantaine d’avocats et de personnes hautement qualifiées du système judiciaire, les chercheurs ont conclu que les hommes de loi aussi sont au cœur de l’univers du piratage. Ceux-là sont effectivement souvent amenés à pirater et à consommer du contenu venant du piratage.

« Les professionnels du droit, avec des normes d’éthique professionnelles élevées et des attentes envers un comportement respectueux de la loi, une compréhension du droit très supérieure à la moyenne et un statut socio-économique supérieur à la moyenne, n’assimilent pas le piratage numérique au vol physique et sont généralement très tolérants ou même en faveur de celui-ci », ont indiqué les chercheurs à la fin de leur étude.

Le piratage, justifié et accepté dans la société

De fait, le piratage tend désormais à  être accepté dans la société. Aussi les juristes ont-ils souligné que, pour pallier le recours à cette pratique, les fournisseurs de divertissement devraient rendre leurs œuvres plus accessibles. 

« Cela pourrait être une indication forte de changer les choses, et il serait désormais plus logique de veiller à ce que le grand public puisse facilement accéder au contenu à un prix décent », ont déclaré les chercheurs. De ce fait, selon eux, si l’œuvre est inaccessible ou si sa tarification est jugée abusive, le piratage ou l’utilisation de VPN se justifient. En revanche, l’étude précise que cette logique de tolérance ne s’applique pas , entre autres, pour les logiciels commerciaux. `

Le piratage de films en Haïti

En Haïti, il est de plus en plus fréquent que des hackers piratent des films de réalisateurs ou d’acteurs nationaux. Il en devient une habitude « innocentée » ou justifiée qui ne choque même pas. D’ailleurs, les internautes sont fiers de crier haut et fort qu’ils ont visionné un film piraté. Ils ne se gênent pas de les partager sur des groupes de différentes plateformes, en particulier Telegram. 

C’était le cas, notamment, du film Vakans, sorti officiellement le 14 Février 2022, produit par Alfamega et BigO Productions. Toutefois, outre des motifs de coûts élevés ou de non-accès, ce piratage était surtout provoqué par des motifs de vengeance politique. 

De son côté, le film Freda réalisé par la célèbre Gessica Généus a aussi été victime de piratage, des mois après sa sortie le 14 Juillet 2021. Connu pour ses prix internationaux, Freda était, contrairement à Vakans, attendu avec impatience en Haïti malgré l’annonce d’une tournée nationale par sa réalisatrice.

Le piratage de films et de séries peut avoir des motifs assez différents les uns des autres. Cependant, si des chercheurs assurent que la pratique se justifie, c’est à se demander quelle serait la position des réalisateurs et acteurs des films qui en sont victimes. Gessica Généus et Olivier Martelly, directeur de BigO Productions, pour leur part, n’ont pas caché leur désarroi.

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